
Zoom par Pierre Fageolle
Les mille grâces de “Titizé"
13ème Art
À Venise se croisent les légendes de l'eau et celles du ciel. Ville mirage, ville surnaturelle, posée à fleur de lagune... Dans cet imaginaire, le metteur en scène Daniele Finzi Pasca a puisé l'inspiration de son nouveau spectacle "Titizé" (actuellement au 13e Art).
L'étiquette de "nouveau cirque" peut amorcer une description. Il y a en effet des acrobaties aériennes, de la magie, des paillettes de clownerie - on connaît les ingrédients.
Mais ce qui emporte l'adhésion tient à l'emballage du tout, à sa poésie, son état de grâce. Une scène de plage, une sirène volante, des cavaliers de carnaval, des masques stylisés se succèdent dans un fondu-enchaîné permanent, sans coupure nette. L'avenir se prépare en fond de scène, un éclairage change subtilement de nuance, un personnage nouveau entre en catimini. C'est marin et marrant, simple et sophistiqué, antique et post-moderne, on ne sait plus. Tout s'enchaîne dans la logique liquide des rêves, et l'on en sort comme grisé, en se demandant si le sol ne danse pas sous nos pas.
Il faut dire que Daniele Finzi Pasca arrive à ce résultat après une longue expérience de la scène. Il a connu les débuts bohêmes, la grosse machine du Cirque du Soleil ("Corteo", c'était lui), le cirque Eloize. Il a reçu son lot de médailles, de prix, il a aussi largué les amarres, tout lâché pour s'occuper de malades en Inde. Il n'a pas seulement un CV, il a aussi et surtout une vie, avec tout son manège de joies et de drames comme dans le meilleur cinéma italien. D'où la réussite de cet effet de vertige, d'aspiration vers le haut (ou bien d'ivresse des profondeurs ?) qui fait le sel de "Titizé". La technique se fait oublier, noyée de poésie, noyée de vie palpitante. Grazie mille, Daniele !
Mais ce qui emporte l'adhésion tient à l'emballage du tout, à sa poésie, son état de grâce. Une scène de plage, une sirène volante, des cavaliers de carnaval, des masques stylisés se succèdent dans un fondu-enchaîné permanent, sans coupure nette. L'avenir se prépare en fond de scène, un éclairage change subtilement de nuance, un personnage nouveau entre en catimini. C'est marin et marrant, simple et sophistiqué, antique et post-moderne, on ne sait plus. Tout s'enchaîne dans la logique liquide des rêves, et l'on en sort comme grisé, en se demandant si le sol ne danse pas sous nos pas.
Il faut dire que Daniele Finzi Pasca arrive à ce résultat après une longue expérience de la scène. Il a connu les débuts bohêmes, la grosse machine du Cirque du Soleil ("Corteo", c'était lui), le cirque Eloize. Il a reçu son lot de médailles, de prix, il a aussi largué les amarres, tout lâché pour s'occuper de malades en Inde. Il n'a pas seulement un CV, il a aussi et surtout une vie, avec tout son manège de joies et de drames comme dans le meilleur cinéma italien. D'où la réussite de cet effet de vertige, d'aspiration vers le haut (ou bien d'ivresse des profondeurs ?) qui fait le sel de "Titizé". La technique se fait oublier, noyée de poésie, noyée de vie palpitante. Grazie mille, Daniele !
Paru le 01/04/2025






![]() ![]() ![]() ![]() ![]() (30 notes) 13ÈME ART Jusqu'au dimanche 6 avril
CIRQUE CONTEMPORAIN. Le spectacle fusionne tradition et innovation dans une fascinante combinaison alliant clownerie, langage corporel et acrobaties – ce qui permet de faire des allusions, de créer des métaphores, d'amplifier les émotions. L'utilisation d'une machinerie scénique innovante donne naissance à un théâtre ...
|