Article de Patrick Adler
Les Grands Ducs
Théâtre de Passy
Aux Grands Ducs, les Grands Remèdes !
Ça avait mal démarré, très mal. Impréparation, erreur de casting ? Commentaires acides et autres philippiques tombaient. Le vaisseau Passy, qui voit pourtant son public croître depuis des années, faisait face à une bourrasque soudaine et violente. Le Capitaine J.Georges Tharaud se devait de redresser la barre. L'équipage, nouvellement constitué, la trajectoire nouvellement empruntée, les récifs enfin évités, c'est sur une mer calme que le vaisseau navigue désormais. Cette parenthèse n'aura duré que... huit jours ! Les passagers comme l'équipage sont soulagés. Et... La croisière s'amuse !
Ça avait mal démarré, très mal. Impréparation, erreur de casting ? Commentaires acides et autres philippiques tombaient. Le vaisseau Passy, qui voit pourtant son public croître depuis des années, faisait face à une bourrasque soudaine et violente. Le Capitaine J.Georges Tharaud se devait de redresser la barre. L'équipage, nouvellement constitué, la trajectoire nouvellement empruntée, les récifs enfin évités, c'est sur une mer calme que le vaisseau navigue désormais. Cette parenthèse n'aura duré que... huit jours ! Les passagers comme l'équipage sont soulagés. Et... La croisière s'amuse !
Si vous étiez venus voir du Brecht, du Lagarce, du Sartre, passez votre chemin. Au Passy, on a beau affectionner les grands textes, la musique dite "classique", on goûte tout autant le vaudeville, la comédie, le burlesque et dans ce registre, ces "Grands ducs" ne sauraient démériter. Il y a avec eux un parfum de nostalgie, celui des grandes heures du "Au théâtre ce soir". Le Quatuor Barc-Le Roch-Castaldi-Beller autour de la tempétueuse Véronique Genest fonctionne à merveille et, même s'ils en font tous des tonnes, le public rit à gorge déployée. Il fallait l'inventivité d'un Jean-Luc Moreau qui sait comme personne insuffler du rythme, trouver un gag à la minute, puiser le clown dans chaque acteur et le pousser dans ses derniers retranchements pour gagner ce pari. C'est virevoltant, tonitruant, parfois même ubuesque. J.Pierre Castaldi en travelo, il fallait oser mais il est irrésistible ; Eric Le Roch est très inventif et a un jeu qui n'est pas sans rappeler Daniel Prévost ; J.Christophe Barc est tonique et facétieux et, comme toujours, d'une redoutable efficacité et Beller, en séducteur veule et ringard, trouve sa place dans une tonalité de jeu mi-Roux, mi-Serrault. On vous a gardé le meilleur pour la fin : la tornade rousse Véronique Genest, à qui on doit d'avoir repris le rôle en une semaine, d'avoir galvanisé la troupe par sa bonne humeur et surtout son savoir-faire. Découverte il y a peu dans ce même théâtre dans la pièce de J.Eric Bielle "Révélations", elle devient notre nouvelle Maillan, avec ce sens inné de la scène, cette énergie et cette connivence naturelle avec le public. Vous l'aurez compris, avec elle, la mayonnaise a pris aussitôt et, comme un bonheur ne vient jamais seul, la salle s'est presque subitement... remplie. Comme dirait Carla B. : "Y a quelqu'un qui m'a dit". Nous, on vous le dit haut et fort, si vous n'avez pas envie de vous prendre la tête, si vous voulez vous libérer de vos miasmes, si vous aimez cet humour potache et bon enfant, allez au Passy découvrir le Quatuor Gagnant et la Reine du Boulevard dans ces "Grands Ducs". Régalez-vous !
Paru le 21/03/2025






![]() ![]() ![]() ![]() ![]() (12 notes) Théâtre de Passy Jusqu'au mercredi 30 avril
COMÉDIE. Trois acteurs sur la touche entreprennent une tournée théâtrale pleine d'imprévus et de rebondissements.
Georges Cox, Victor Vialat et Eddie Carpentier sont de vieux comédiens sur le retour. L'un court le cachet, le second vit mal sa retraite, le troisième a une réputation telle que plus personne ...
|